GROENLAND : une île sous pression au cœur des tensions transatlantiques
- equinoxenews

- il y a 21 heures
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Depuis quelques jours, le Groenland est redevenu un sujet central de l’actualité internationale, cristallisant à la fois les tensions économiques entre les États-Unis et l’Europe, et les rivalités stratégiques autour des ressources critiques de l’Arctique.
Paris durcit le ton face à Washington
Le 17 janvier 2026, le président français Emmanuel Macron a publiquement dénoncé les menaces tarifaires de Donald Trump visant les pays européens. Ces déclarations interviennent alors que Washington évoque de nouvelles barrières douanières susceptibles de toucher indirectement les chaînes d’approvisionnement liées aux matières premières stratégiques, dont celles du Groenland.
Emmanuel Macron a qualifié ces menaces d’« inacceptables », appelant à une réponse européenne ferme et coordonnée afin d’éviter une escalade économique jugée dangereuse pour la stabilité mondiale.
L'Europe alerte sur une spirale dangereuse
Le 18 janvier 2026, plusieurs capitales européennes, dont Londres, ont réagi à leur tour. Le Royaume-Uni a qualifié la posture américaine de « totalement déplacée », tandis que l’Union européenne a mis en garde contre le risque d’une spirale protectionniste incontrôlée.
Dans ce contexte, le Groenland apparaît comme un enjeu indirect mais central : à la fois territoire stratégique arctique et réservoir de ressources critiques convoitées par les grandes puissances.
Les terres rares au coeur des convoitises
Parallèlement aux tensions diplomatiques, plusieurs enquêtes publiées ces derniers jours révèlent l’intérêt croissant d’investisseurs américains proches de la galaxie Trump pour les terres rares groenlandaises.
Ces ressources sont essentielles à la production de :
technologies numériques avancées,
armements de haute technologie,
batteries et véhicules électriques,
infrastructures liées à la transition énergétique.

L’objectif affiché de ces investisseurs est clair : réduire la dépendance occidentale vis-à-vis de la Chine, qui domine actuellement le marché mondial des terres rares. Une stratégie qui inquiète à la fois les autorités européennes et une partie de la population groenlandaise, soucieuse de préserver l’environnement et son autonomie politique.
Comme l’illustre ce graphique, la domination chinoise ne se limite pas à l’extraction des terres rares, mais s’étend surtout au raffinage, maillon stratégique de la chaîne de valeur. En 2024, la Chine concentre plus de 90 % des capacités mondiales de transformation des terres rares utilisées dans la fabrication d’aimants permanents, indispensables aux technologies militaires, numériques et à la transition énergétique. Cette situation place les États occidentaux dans une dépendance critique. Les projets visant le Groenland s’inscrivent dans une stratégie de long terme, destinée à sécuriser ces ressources , mais ils se heurtent à de fortes résistances locales liées aux risques environnementaux et à la préservation de l’autonomie politique du territoire.
Un territoire arctique devenu stratégique
La fonte accélérée de la banquise, observée ces dernières années, renforce encore l’importance du Groenland. De nouvelles routes maritimes arctiques deviennent progressivement exploitables, transformant l’île en pivot géostratégique entre l’Amérique du Nord et l’Europe.
Déjà présente militairement dans la région, Washington voit dans le Groenland un atout majeur pour :
la surveillance de l’Arctique,
la sécurisation des flux commerciaux,
le contrôle de ressources critiques à long terme.
Une actualité révélatrice d'un basculement stratégique
Les événements des 17 et 18 janvier 2026 confirment une tendance de fond : le Groenland n’est plus une périphérie isolée, mais un enjeu stratégique global, à la croisée des tensions économiques transatlantiques, de la compétition pour les ressources et des bouleversements climatiques.
Dans les semaines à venir, l’île pourrait devenir l’un des principaux points de friction géopolitiques entre États-Unis, Europe et puissances émergentes.









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