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Iran–États-Unis : négociations « de la dernière chance » à Oman


Le vendredi 6 février 2026, Washington et Téhéran ont rouvert un canal de discussion indirect à Mascate (Oman) sur le dossier nucléaire, dans un contexte où la dissuasion militaire, la coercition économique et les dynamiques internes iraniennes pèsent autant que le contenu des pourparlers. Les deux parties ont publiquement décrit ce premier round comme un démarrage “plutôt positif”, tout en laissant entendre que l’échec pourrait ramener la région au bord d’une escalade.


Ce qui s’est joué à Oman : reprise du dialogue, mais un agenda ultra-contrôlé

  • Les discussions (indirectes, via médiation omanaise) ont été présentées comme un “bon départ” par Téhéran, et “très bonnes” côté Trump, avec l’idée de poursuivre après consultations dans les capitales.

  • Ligne rouge iranienne : limiter l’échange au nucléaire (sanctions ↔ limites à l’enrichissement / inspections), en excluant missiles et réseaux régionaux — des thèmes que Washington voudrait, au moins à terme, remettre sur la table.

  • En creux : on repart sur une logique « transactionnelle » (levée/assouplissement de sanctions contre concessions nucléaires), mais la confiance est minimale, et chaque camp conserve l’option de l’escalade comme levier de négociation.


La “pression maximale” version 2026 : menaces de tarifs secondaires

Au même moment, Trump a signé un Executive Order qui crée un mécanisme pour imposer des tarifs (exemple cité : 25%) sur les importations provenant de pays qui commercent, directement ou indirectement, avec l’Iran. L’objectif est clair : décourager les partenaires de Téhéran et resserrer l’étau économique, tout en négociant.


➡️ Implication : même si Oman ouvre une porte diplomatique, Washington installe une épée de Damoclès économique au-dessus des acteurs tiers (commerce, énergie, logistique), afin d’augmenter le coût international de la relation avec l’Iran.


La lecture israélienne : la chute du régime jugée “réaliste”, mais conditionnée

Côté israélien, des milieux sécuritaires estiment qu’une fenêtre “sans précédent” s’est ouverte : la possibilité d’un effondrement du régime est désormais jugée réaliste — mais avec un diagnostic dur : sans atteinte au centre de gravité du système, à savoir le Guide suprême Ali Khamenei, le régime pourrait encaisser, se reconstituer et réprimer une nouvelle vague de contestation.

Cette perception nourrit deux conséquences :

  • scepticisme sur l’efficacité de négociations que Téhéran pourrait chercher à faire durer ;

  • préparation active (coordination politico-militaire) à l’option de frappes, dans un environnement où Israël juge l’Iran affaibli sur ses défenses aériennes après les épisodes précédents.


Le cœur du problème : le nucléaire, mais aussi la survie politique

Les sources convergent sur un point : l’Iran cherche un allègement de sanctions et des garanties minimales, tandis que les États-Unis veulent réduire le risque nucléaire rapidement — le tout sous la contrainte d’un contexte intérieur iranien instable et d’un rapport de force régional inflammable.


Scénarios plausibles (court terme)

  1. Accord “étroit” : gel partiel de l’enrichissement + inspections renforcées contre assouplissements limités (déverrouillage progressif). Probabilité conditionnée à la capacité de Trump à accepter un deal strictement nucléaire.

  2. Cycle de talk + coercition : discussions qui continuent, pendant que Washington actionne progressivement l’outil des tarifs secondaires pour pousser Téhéran (et ses partenaires).

  3. Rupture rapide : si l’un des camps estime que l’autre “gagne du temps”, la dynamique peut basculer vers frappes/contre frappes, surtout si la rue iranienne se remobilise et que la répression s’intensifie.

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