SYRIE : Kobané sous pression, le Rojvana à l'heure des choix
- equinoxenews

- 24 janv.
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Des membres des FDS - forces démocratiques syriennes - dirigées par le Kurdes dans la ville de Kobané, en Syrie, le 23 janvier 2026. Crédits image AFP.
La ville de Kobané, située au nord de la Syrie le long de la frontière turque, est redevenue ces derniers jours un point de fixation majeur du conflit syrien. Hautement symbolique pour les Kurdes, Kobané incarne à la fois la résistance contre l’État islamique et le cœur politique du projet d’autonomie du Rojava. Aujourd’hui, la pression qui s’exerce sur la ville dépasse largement le cadre militaire : elle s’inscrit dans une reconfiguration stratégique plus large du nord syrien.
Les forces kurdes se préparent à une éventuelle dégradation rapide de la situation, conscientes que Kobané représente autant un verrou territorial qu’un symbole politique. Sa chute ou son encerclement aurait un impact psychologique et stratégique majeur, bien au-delà de la ville elle-même.
Une convergence de pressions contre l’autonomie kurde
La séquence actuelle illustre une convergence d’intérêts régionaux visant à réduire, voire à mettre fin, à l’autonomie kurde de facto établie depuis plus d’une décennie. D’un côté, la Turquie continue de considérer les forces kurdes syriennes comme une menace directe pour sa sécurité nationale. De l’autre, Damas cherche à reprendre le contrôle total de son territoire, en intégrant ou en marginalisant les structures politico-militaires kurdes.
Dans ce contexte, Kobané apparaît comme une cible stratégique indirecte : exercer une pression maximale sur cette ville revient à fragiliser l’ensemble de l’architecture du Rojava. L’objectif n’est pas nécessairement une offensive frontale immédiate, mais une érosion progressive des capacités de résistance kurdes, par l’isolement, la dissuasion et la contrainte politique.
Isolement des forces kurdes et repositionnement des acteurs extérieurs
L’un des éléments clés de la situation actuelle réside dans l’affaiblissement du soutien extérieur aux forces kurdes. Longtemps soutenues pour leur rôle central dans la lutte contre l’État islamique, elles se retrouvent aujourd’hui dans une position plus isolée, alors que les priorités régionales et internationales ont évolué.
La défense de Kobané s’inscrit ainsi dans un rapport de force asymétrique, où les Kurdes disposent encore de capacités militaires locales, mais manquent de leviers diplomatiques solides. Cette asymétrie renforce le sentiment d’urgence sur le terrain et alimente les appels à une désescalade, perçue comme la seule option pour éviter un affrontement aux conséquences imprévisibles.
Kobané, point de bascule pour l’avenir du Rojava
Au-delà de l’urgence sécuritaire, la situation à Kobané pose une question centrale : le projet du Rojava peut-il encore survivre sous sa forme actuelle ? La pression exercée sur la ville illustre les limites d’une autonomie construite dans un contexte de guerre, mais fragilisée dès lors que l’environnement stratégique se referme.
Si Kobané tient, le Rojava conserve un socle symbolique et territorial. Si la ville cède ou se retrouve durablement asphyxiée, c’est l’ensemble du projet kurde syrien qui entrerait dans une phase de recomposition contrainte, sous l’autorité de Damas ou au prix de concessions majeures.
À court terme, Kobané n’est donc pas seulement une ville assiégée : elle est devenue un test décisif pour l’avenir politique, sécuritaire et symbolique des Kurdes de Syrie.
Environ 150 000 civils piégés à Kobané, sans eau, electricité ni nourriture. Crédits @DewranMehmud sur X.















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